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Sale période pour le demi-fond tricolore. Après Essarokh (stéroïdes anabolisants) et Gezzar (nandrolone, anabolisant) notamment, c'est au tour de Hind Dehiba de se retrouver dans le faisceau du dopage. La recordwoman de France du 1500m en salle et en plein air a été arrêtée lundi à l'aéroport de Roissy porteuse d'hormones de croissance dans ses bagages. Accompagnée par son mari, Dehiba revenait d'un stage aux Etats-Unis. Son mari a expliqué que les produits étaient destinés à son usage personnel...
Gênant, forcément gênant. En cette saison hivernale, d'ordinaire pauvre en actualité, la Fédération française d'athlétisme se serait sans doute bien passé de cette contre-publicité. Après une saison 2006 déjà plus que dérangeante pour le demi-fond tricolore avec les suspensions pour deux ans de Latifa Essarokh, première Française sous les 4' (3'59"61) sur 1500 m contrôlée positive au stanozolol, un stéroïde anabolisant, et de Nordine Gezzar, le coureur de 3000 m steeple confondu par deux fois (nandronolone, un anabolisant, et finastéride, un produit masquant), mais aussi le certificat de contre -indication délivré à Hanane Fahroun avant les Championnats d'Europe de cross, voilà Hind Dehiba, ni plus ni moins que la recordwoman de France du 1500 m en salle (4'5"67) et en plein air (4'0"49), prise à son tour la main dans le sac.
Ou plutôt faut-il dire la main dans la valise, le retour de la Française d'un stage longue durée aux Etats-Unis, à Albuquerque (elle y séjournait depuis le 8 novembre), lundi à l'aéroport Roissy - Charles-De-Gaulle s'étant transformé en mauvais film pour l'athlète française, son entraîneur de mari et un athlète de seconde zone dont l'identité reste aujourd'hui inconnue. Selon le quotidien L'Equipe, qui rapporte l'information, Hind Dehiba était attendue de pied ferme à son débarquement par les douaniers. Et pour cause, ces derniers ont en effet mis la main dans les bagages des interpelés sur... des ampoules d'hormones de croissance.
Un renforcement du suivi pour le demi-fond...
Placés en rétention, Dehiba et ses deux accompagnants font désormais l'objet d'une enquête de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) alors que le parquet de Bobigny a lui été saisi par les douaniers. Pompier à la Ville de Paris, Fodil, le mari de Dehiba, se serait défendu en affirmant que les substances saisies étaient destinées... à sa consommation personnelle. Une défense peu convaincante, c'est le moins qu'on puisse dire...
Pour Hind Dehiba, cet événement vient conclure une saison 2006 faite de hauts et de bas. De sa quatrième place aux Mondiaux en salle, récompensée d'un record de France, à sa 9e place aux Championnats d'Europe en plein air à Göteborg en seulement... 4'5"46, jusqu'à sa reculade avant la Coupe d'Europe à Malaga pour laquelle la médaillée de bronze de l'Euro en salle en 2005 s'était déclarée inapte en raison d'un tendinite du moyen fessier, doublée de douleurs lombaires, alors que quelques jours plus tôt, elle courrait un 800 m en Espagne dans le temps tout à fait correct de 1'59"76. Déjà suffisamment troublant à l'époque pour que la Fédération ne convoque l'athlète d'origine marocaine, naturalisée française en 2004, devant la commission de discipline pour ne pas avoir, qui plus est, répondu à la demande de contre-expertise du médecin fédéral. A l'époque, une incompétence administrative de la Fédération - Dehiba avait reçu sa lettre de convocation le jour-même de la contre-expertise - avait conduit à classer l'affaire.
A tort. Car voilà désormais les craintes de Bernard Amsalem, président d'une Fédération, partie civile également dans le dossier de deux athlètes narbonnais de second plan mis en examen pour faux et recel, offre, cession et acquisition de substances de nature à modifier artificiellement les capacités ou à masquer l'emploi de produits dopants, bel et bien confortées, lui qui annonçait l'existence de réseaux autour de ce secteur de plus en plus vicié du demi-fond. Son cheval de bataille, visant à instaurer un suivi longitudinal non plus basé sur seulement trois mais bien six prises de sang, n'est sans doute pas vain...
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